Témoignages normands

Swimming Pole : dans le grand bain

Chapô

S’il y a bien des formations pour lesquelles il n’est pas a priori évident de penser à « faire de » la multimodalité, c’est bien celles menant à des professions ou à des compétences faisant appel à des procédures et à des techniques physiques, sportives.

Swimming Pole
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Le BPJEPS-AAN, vous connaissez ? Peut-être, si vous avez songé à devenir maître-nageur... Pour les autres, sachez qu'il s'agit du Brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport, spécialité Activités aquatiques et de la natation. En Basse-Normandie, ils sont trois organismes à proposer ce type de formation, qui attire une soixantaine de candidats chaque année. Sur ces trois organismes, un seul s'est mis à l'heure de la multimodalité ": Swimming Pôle.

Car, avec ce diplôme, il s'agit non seulement à terme de pratiquer les activités nautiques et de savoir les enseigner, mais il faut aussi utiliser ses connaissances en sciences biologiques et humaines, préparer, mener et évaluer des projets d'animation, maîtriser une communication innovante pour promouvoir les activités, appliquer la réglementation hygiène et sécurité, etc. Bref, les compétences de l'apprenant sont au final nombreuses et variées, mais toutes ne s'acquièrent pas en alignant les longueurs et les exercices aquatiques. «&nbsp";De la physiologie à la pédagogie, en passant par l'hygiène et la sécurité, les domaines couverts par cette formation sont étendus, et la multimodalité se révèle particulièrement adaptée pour enseigner certains items et assurer le lien avec l'apprenant, qui est aussi un apprenti dont le temps se partage en alternance entre formation théorique (1 semaine) et stage en entreprise (3 semaines) », explique Laurent Labidi, fondateur et directeur de Swimming Pôle.

 

Adepte de la pédagogie inversée

Pour cet ancien enseignant, qui fait partie de l'équipe TICE du CRDP de Caen depuis une dizaine d'années, « la multimodalité est une évidence : c'est le futur de l'enseignement ». Convaincu, il a souhaité développer un projet multimodal sans freins, ce qui n'était pas évident dans le cadre parfois rigide et hiérarchique de l'Education Nationale. En 2011, il lance donc Swimming Pôle et obtient l'habilitation pour le BPJEPS-AAN. En 2012, il a accueilli et formé 10 personnes. Dix-huit cette année.

Pour ce faire, lui et deux autres e-tuteurs s'appuient sur une plateforme numérique (Moodle) et des cours en présentiel (au CRDP). Sur la plateforme, l'apprenant trouve, par matière, des vidéos tutorielles, de la documentation, des forums, des espaces chat et visioconférences... « Les savoirs sont notamment disponibles sur la plateforme, avant le cours en présentiel », précise Laurent Labidi, adepte de la pédagogie inversée. « Fini la becquée pédagogique ! »

Dispensée sur dix mois au total, la formation dure 1 215 heures, dont 700 se déroulent en contact avec l'organisme : 375 heures en présentiel, 325 heures « ailleurs » : en ligne, en collaboration à distance... « La première année, le lancement, la découverte de l'environnement multimodal se sont faits pas à pas, en tâtonnant. Cette année, nous sommes fin prêts, tout roule, et certains apprenants en sont déjà à 80 h de formation en ligne mi-octobre ! », se satisfait Laurent Labidi. Les apprenants ont accès à la plateforme à leur propre rythme, quand ils le peuvent, quand ils le souhaitent, quand ils sont motivés ou éprouvent un besoin précis.

 

« Un vrai plus pour moi »

Ce que confirme Sébastien Jouen, apprenant chez Swimming Pôle l'année dernière : « Au début, la plate-forme multimodale me paraissait anodine et sans intérêt. Mais j'ai très vite compris qu'elle deviendrait indispensable, pour plusieurs raisons. D'une part, elle permet à l'apprenant d'être au contact de n'importe quel cours à tout moment de son stage, ce qui est pratique car tous n'avancent pas à la même allure. D'autre part, des QCM sur différents thèmes permettent de s'entraîner aux épreuves et de vérifier les acquis au cours de la formation. La multimodalité a été un vrai plus pour moi. » Et le directeur de souligner : « Au final, ils gagnent du temps et passent 1,5 fois plus de temps dans l'eau que dans une formation identique mais 100 % présentielle ! »

Les employeurs de ces apprenants-apprentis jouent eux aussi le jeu de la multimodalité, puisqu'ils se sont engagés à permettre aux jeunes en formation de suivre 13 heures de FOAD par semaine de stage. Le tuteur de stage, dans l'entreprise donc, a accès à la plateforme pour suivre le parcours théorique de l'apprenant, les consignes de stage et indiquer ses commentaires. Une partie de l'évaluation continue se fait, elle aussi, en ligne.

 

Bilan .. 98 % de réussite ! Pas de quoi toutefois se la couler douce pour Swimming Pôle, qui souhaite développer ses formations multimodales.

 

En savoir plus sur le site Internet de Swimming Pôle.