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Le numérique menace-t-il nos capacités d’apprentissage ? Entretien avec Jean chazal, neurochirurgien

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Brain3Pour adapter et améliorer les méthodes d'apprentissages, le numérique offre plein d'outils et d'opportunités. Mais certains s'inquiètent des changements que cela entraine sur la manière dont nos cerveaux se développent et restent actifs au cours de notre vie. Jean Chazal, neurochirurgien et directeur de l'UFR de Compiègne au terme d’une conférence sur le thème « Mémoire, Cerveau & Apprentissage », nous confie les secrets de l’apprentissage et l’impact potentiel du numérique sur celui-ci. L'occasion de faire le point.

 

 

Comment fonctionne le cerveau ?

Le cerveau se construit en fin de période embryonnaire et ne s’arrête jamais d’évoluer. Il fonctionne à condition de recevoir des informations de l’extérieur, qui sont de type sensitive et/ou sensorielle : toucher, écoute, vision, odeur, information.

Ces éléments sont traités dans un ordre déterminé : réception / analyse / interprétation / encodage / stockage. Ensuite le cerveau restitue, transmet et conceptualise ces éléments en actes moteurs (le langage par exemple) ou comme informations stockées. Ainsi, sans information, le cerveau ne « fonctionne » pas : un enfant sourd ne parlera jamais, car les éléments sensoriels du langage lui sont inconnus. Ce cheminement de l’information (de la réception à la restitution) est le même pour la mémoire à court et moyen termes, utilisée lorsque l’on travaille, et la mémoire à long terme, qui elle relève de l’affectif et de l’émotion.

Apprentissage : conscient & inconscient

La mémoire à court et moyen terme permet de stocker l’information et de la restituer de façon quasi intacte, ou non-altérée : c’est celle que l’on utilise pour les examens par exemple.

La mémoire à long terme relève de ce qu’on appelle « la réalité inconsciente » : toutes les informations ce qui se fixent dans notre cerveau à notre insu, sans qu’on le veuille. Elles se fixent en nous sous forme de traces non-rappelables, ou altérées, souvent dans des proportions inattendues. C’est ce qui fait que l’humain, à l’inverse de la machine, a des réactions imprévues. C’est cette « réalité inconsciente » qui fait aussi que chaque cerveau est unique.

Le numérique : flot d’information, intelligence artificielle et apprentissage circulaire

Alors que certains craignent que les facilités apportées par le numérique (assistanat, automatisation de l’information, etc.) entraînent une régression du cerveau et ses capacités d’apprentissage, d’autres s’inquiètent de voir les machines remplacer les humains grâce à l’Intelligence Artificielle.

Au contraire nous répond Jean Chazal : d’une jamais une I.A. ne sera aussi « intelligente » qu’un cerveau humain, capable de 10 millions de milliards d’interconnexions, et surtout capable d’émotion.

Par exemple : il faut avoir des compétences en droit pour traiter des problèmes de droit, mais il faut un cerveau capable d’émotion pour réussir une belle plaidoirie. On risque donc de remplacer la notion de « métier » par celle de « compétence ». Peut-être les métiers vont-ils disparaitre mais les compétences vont rester.

La machine sera, dans cet univers, un complément plutôt qu’une substitution. Et ce d’autant plus pendant l’apprentissage. Le numérique, explique Jean Chazal, permet d’apprendre plus vite, plus jeune, et surtout de développer une pluralité de façon de penser. Là où le travail avec des livres développe une pensée linéaire, le travail avec le numérique permet une pensée circulaire, par réseaux, plus vaste et nuancée.

Par ailleurs, l’utilisation d’outils numériques nécessite un autre apprentissage. Une personne qui utilise un GPS ne sait peut-être pas lire une carte mais sait utiliser un objet technologique complexe. Le champ de compétences se déplace. L’idéal reste bien sûr combiner les savoirs, et le numérique est le meilleur moyen pour y parvenir.

Le seul véritable risque est que l’enseignant soit dépassé par l’enseigné. L’enseignant doit rester l’expert et doit pour ça adopter le modèle de classe inversée : une discussion plutôt qu’une leçon appuyée par une pluralité des supports. Le problème est que les enseignants ne sont pas assez nombreux, préparés, les structures publiques peu enclines à engager cette transition, et c’est la difficulté de l’enseignement actuel

Retrouvez ici l'entretien en vidéo

Mis à jour le jeudi 20 juillet 2017 09:54
Écrit par Samuelle Dilé

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